Premier baromètre des start-ups de Start it @KBC : l’inexorable ascension de l’IA
Le plus grand accélérateur d’Europe a analysé les données de 1.839 start-ups participantes entre 2014 et aujourd’hui

Anvers, le 27 août 2025 – L’IA connaît une progression fulgurante, les investisseurs s’intéressent surtout aux logiciels B2B et, malgré un nombre croissant de fondatrices, les femmes lèvent encore (beaucoup) moins d’argent que les hommes (même si l’explication va au-delà d’un simple biais de genre) : telles sont quelques-unes des conclusions du premier Baromètre des start-ups de Start it @KBC. La technologie en général est plus omniprésente que jamais : tandis qu’en 2014, 57,6 % des start-ups participantes étaient de purs acteurs technologiques, elles sont 96,9 % en 2025.
1.839 : c’est le nombre de start-ups accompagnées par le programme d’accélération Start it @KBC depuis sa création en 2014. Cela en fait non seulement le plus grand accélérateur de Belgique et d’Europe, mais aussi le cinquième au monde. Une analyse approfondie des données de ces start-ups a livré quelques conclusions et enseignements intéressants.

L’IA en pleine ascension
Grosso modo, les start-ups se répartissent en deux grands groupes : software, qui en 2025 représente 63,3 % de toutes les start-ups participantes, et hardware, qui pèse pour 18,4 %. On retrouve également quelques catégories plus petites comme l’agrotech et la biotech.
Dans la catégorie software, l’évolution de l’IA est particulièrement marquante : 74 % de toutes les start-ups logicielles actuelles sont des entreprises IA. En 2025, l’IA représente au total 46,9 % du nombre total de start-ups. Une hausse spectaculaire puisque, sur l’ensemble de la période 2014-2025, l’IA ne représente que 11,8 % du nombre de start-ups logicielles, soit 6,5 % du total.

Dans la catégorie hardware, la mécatronique forme la plus grande sous-catégorie, avec 72,2 %. Sur toute la période 2014-2025, elle représentait 46,8 %, soit 7,6 % du nombre total de start-ups. La mécatronique désigne les systèmes mécaniques combinant hardware, électronique et software : voitures, robots, équipements de production avancés…
« En peu de temps, l’IA est devenue la technologie du moment : près de la moitié des start-ups s’y consacrent aujourd’hui. Et comme nous n’en sommes qu’au début, nous nous attendons à ce que ce chiffre continue d’augmenter. Le risque de bulle est très réel : beaucoup d’argent afflue aujourd’hui vers l’IA, mais à ce rythme, le bon grain sera tôt ou tard séparé de l’ivraie », affirme Lode Uytterschaut, fondateur et CEO de Start it @KBC. « Les enjeux éthiques, comme les chatbots qui tiennent des propos racistes ou les personnes qui utilisent des chatbots comme thérapeute sans être conscientes des risques liés au respect de la vie privée, sont des défis auxquels nous n’avons pas encore de réponse. Par ailleurs, l’IA passera d’une fonction surtout ‘explicative’ à une fonction plus exécutive : c’est passionnant, mais aussi très risqué. »
Malgré l’effet de bulle, l’IA est devenue incontournable dans notre quotidien grâce à ses nombreuses applications. Contrairement, par exemple, à la blockchain, dont le champ d’application est beaucoup plus limité et qui, comme prévu, a dépassé son effet de mode, avec une part très restreinte de 0,7 % sur la période 2014-2025.
En termes de business model, le B2B l’emporte largement sur le B2C avec, en 2025, 75,5 % du nombre total de start-ups B2B, contre 24,5 % B2C.
Lode Uytterschaut : « Un pourcentage logique étant donné la position historique de la Belgique comme petit pays B2B avec un secteur de services développé dans le marché européen fragmenté, mais supérieur aux moyennes internationales qui se situent entre 60 et 65 %. À titre de comparaison, Y Combinator, le principal accélérateur mondial, connu pour son orientation B2B, comptait 70 % de start-ups B2B en 2023. »
Le software séduit le plus les investisseurs, mais le hardware attire les plus gros montants
En examinant les technologies les plus populaires auprès des investisseurs, nous constatons que la majorité des investissements vont au software : 80 %, contre 19 % pour le hardware. Le 1 % restant ne relève d’aucune des deux catégories.
« Rien d’étonnant à ce que le software soit plus populaire auprès des investisseurs : les coûts de démarrage sont plus faibles et l’évolutivité plus élevée. De plus, aucun long délai de développement ni problème logistique ne vient noircir le tableau, tandis que l’itération est simple et que le coût marginal par ‘article’ vendu est minime. En d’autres termes, c’est beaucoup moins complexe à mettre en place que du hardware », explique Andy Gijbels, CTO de Start it @KBC. « Compte tenu du potentiel et de la popularité de l’IA, nous nous attendons à ce que les investissements dans les logiciels continuent d’augmenter ces prochaines années, même s’il y aura tôt ou tard un recul, lorsqu’il deviendra évident que toutes les start-ups IA travaillant sur la même idée ne survivront pas. Nous prévoyons même que cela se produise dans les deux ans à venir, quand les start-ups qui lèvent de l’argent aujourd’hui mais ne trouvent pas assez de traction se retrouveront à nouveau sans fonds. »
Le fait que plus d’investissements aillent au software ne signifie pas pour autant que les start-ups hardware ont moins de chances de lever des fonds : comme il y a plus de start-ups logicielles, elles attirent logiquement plus d’investissements. En revanche, elles ne lèvent pas les plus gros montants par investissement en moyenne : cet ‘honneur’ revient aux start-ups medtech qui doivent faire approuver et tester leurs produits avant même d’envisager la production ou la commercialisation. La mécatronique ou d’autres sous-catégories hardware présentent elles aussi des besoins en capital plus élevés que les logiciels. La faible position de l’IA dans ce classement s’explique par un biais de récence : la plupart des start-ups IA sont en core trop jeunes pour avoir levé des fonds, ce qui tire fortement la moyenne vers le bas.

En parallèle, l’argent n’est pas tout : lever des fonds (importants) n’est ni une garantie de succès, ni synonyme de plus d’impact. Les chiffres révèlent que 75,5 % des start-ups de Start it @KBC encore actives aujourd’hui n’ont jamais levé de capital-risque, tout comme 60 % des entreprises rachetées. De plus, les start-ups n’ayant pas levé de fonds représentent 54 % du nombre total d’emplois créés. Loop Earplugs, l’une des start-ups les plus prospères de l’écurie Start it, en est un bon exemple, car elle a jusqu’ici levé très peu de fonds.
Le B2B fait mieux que le B2C
En moyenne, les start-ups de Start it @KBC ont levé 719.000 € de capital entre 2014 et 2025.
Les start-ups B2B lèvent presque deux fois plus de fonds que les B2C : 1.007.000 € contre 505.000 €.

Elles affichent aussi un meilleur taux de survie : 70 % des start-ups B2B sont encore actives (dont 4,7 % rachetées), contre 55 % pour des start-ups B2C (dont 3,1 % rachetées).
« Les investisseurs préfèrent souvent le B2B, car les entreprises achètent de façon plus ciblée et moins émotionnelle, disposent de plus gros budgets et sont généralement plus fidèles », précise le CTO Andy Gijbels. « Il faut donc moins de clients pour réussir. La croissance est donc généralement plus rapide, plus importante et plus prévisible. Exactement ce que recherchent les investisseurs. »
Les hommes lèvent (beaucoup) plus de fonds que les femmes
Les chiffres montrent également que l’âge moyen du fondateur est de 33 ans, et que les équipes de 3 fondateurs lèvent en moyenne le plus d’argent : 1.166.000 €.

Les hommes lèvent en moyenne quatre fois plus d’argent que les femmes. L’explication va cependant au-delà d’un simple biais de genre :
« Plus souvent fondatrices en solo, les femmes sont aussi moins présentes dans le software ou le B2B, mais davantage dans l’alimentation et le B2C, deux domaines caractérisés par un plus faible taux de survie et moins de financements. La probabilité de rachat dans l’alimentation, où il s’agit souvent de ‘businesses in going concern’, est aussi beaucoup plus faible : 0,5 %, contre 4,6 % pour le software », explique le CTO Andy Gijbels. « D’ailleurs, le fait que les équipes masculines lèvent plus d’argent ne veut pas nécessairement dire qu’elles créent plus d’impact. »
| Only Male | Only Female | Mix |
Average funding/start-up | 849k | 204k | 629k |
En dépit de cette inégalité persistante dans le financement, le nombre de fondatrices est en hausse : alors qu’au début, environ 20 % des start-ups comptaient au moins une femme fondatrice, elles étaient déjà 39 % en 2025.
« Malgré une prise de conscience croissante, les fondatrices se heurtent toujours à des obstacles structurels, allant d’un accès inégal au capital à un manque de modèles ou de soutien adapté. Des initiatives et des programmes comme Thrive, axés sur le leadership féminin et l’entrepreneuriat dans la tech, restent donc indispensables », poursuit Lode Uytterschaut.
Les start-ups de Start it @KBC ont plus de chances de survie
Parmi les 1.839 start-ups ayant participé au programme depuis 2014, 67 % sont encore actives aujourd’hui. Les start-ups de Start it @KBC font bien mieux que les moyennes générales : après cinq ans, 73 % d’entre elles environ existent toujours, contre seulement 51 % selon un benchmark international pour les start-ups ayant levé du capital-risque.
Lode Uytterschaut explique ceci par deux facteurs : la sélection des start-ups les plus prometteuses et l’accompagnement de qualité, ce qui augmente significativement leurs chances de réussite (et de financement). Le fait que plus de 70 % des fondateurs viennent d’un environnement corporate joue aussi un rôle :
« Grâce à leur expérience, leur parcours et leur connaissance du marché, ces fondateurs ont développé une solution à un problème qu’ils avaient eux-mêmes identifié dans leur carrière précédente. Cette expérience sectorielle et cette connaissance du terrain constituent un avantage concurrentiel indéniable, qui se traduit logiquement par de plus grandes chances de réussite, de financement ou d’exit », conclut Lode Uytterschaut.
221 start-ups de l’écurie Start it @KBC ont déjà levé plus de 1 million €, 119 ont dépassé les 2 millions. Ensemble, elles ont levé plus de 1,1 milliard € et créé plus de 12.000 emplois, faisant de cet écosystème l’un des plus grands employeurs de Belgique.
Des noms connus comme Aikido Security, Bolt, Loop Earplugs, Conveo, Keyrock, Segments.ai, Crazy Games et Ritchie font partie des plus belles réussites.
À propos de Start it @KBC
Start it @KBC est un programme d’accélération unique, sans prise de participation, qui mise sur un impact réel. Depuis 2014, le programme a déjà accompagné plus de 1800 start-ups, dont plus de 1500 en Belgique, ce qui en fait le leader incontesté du pays et d’Europe, et même le cinquième au niveau mondial.
Deux fois par an, une nouvelle promotion de start-ups sélectionnées entame un parcours d’un an axé sur la croissance et l’expansion internationale. Outre un accompagnement intensif, les start-ups ont accès à un réseau international. Par la suite, elles continuent à faire partie d’un écosystème actif de fondateurs, d’investisseurs, de mentors, d’experts et d’entreprises partenaires.
Depuis sa création en 2014, Start it @KBC joue un rôle clé dans l’écosystème belge des start-ups et a contribué au lancement et à la croissance de certaines des plus belles réussites technologiques et impactantes de Belgique.
Au total, les start-ups ayant participé au programme ont déjà levé plus de 1,1 milliard d’euros de capitaux et créé plus de 12 000 emplois. Aikido Security, Bolt, Loop Earplugs, Conveo, Segments.ai, Crazy Games et Ritchie figurent parmi les anciens participants les plus connus du programme.
En Belgique, Start it @KBC dispose de hubs à Anvers, Bruxelles, Gand, Hasselt, Courtrai, Louvain, Charleroi, Louvain-la-Neuve et Liège.
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